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Jusqu’où peut aller votre mensualité de crédit immobilier en 2026

Vous entendez parler du « 35 % » pour un prêt immo, sans savoir ce qui compte dedans ni les exceptions possibles. Voici la règle du HCSF, comment la calculer et ce que les banques peuvent déroger.

Par Camille Leroux · · 4 min de lecture

Couple écoutant conseillère autour de documents immobiliers et maquette de maison

Quand vous montez un dossier de crédit immobilier, la première question revient toujours : jusqu’à quelle mensualité la banque peut-elle vous prêter ? En France, la réponse dépend d’une règle macroprudentielle devenue contraignante depuis 2022. Elle plafonne le taux d’effort (souvent appelé « taux d’endettement ») et encadre la durée des prêts, avec une petite marge de flexibilité pour les banques. Ci‑dessous, vous trouvez les critères précis, les exceptions et une méthode simple pour vérifier votre capacité d’emprunt.

Quel est aujourd’hui le plafond d’endettement fixé par le HCSF ?

Deux critères sont contraignants depuis le 1er janvier 2022 : 1) le taux d’effort ne doit pas dépasser 35 % et 2) la durée du crédit est limitée à 25 ans, avec une tolérance de 24 mois de différé quand l’entrée en jouissance est décalée (construction, VEFA, etc.). C’est écrit noir sur blanc dans la page « Mesure relative à l’octroi de crédits immobiliers » du ministère de l’Économie, qui résume la décision D‑HCSF‑2021‑7 et ses mises à jour de 2023. Voir la présentation officielle du HCSF.

Qu’est‑ce qui entre (et n’entre pas) dans le calcul des 35 % ?

Le HCSF précise que les charges annuelles d’emprunt comprennent le capital, les intérêts et l’assurance emprunteur obligatoire intégrés au TAEG ; le revenu à retenir est le revenu net avant impôt du foyer (avec des règles de prise en compte et décotes possibles). Le « calcul différentiel » consistant à retrancher des loyers au numérateur est explicitement exclu. Ces éléments figurent dans la FAQ officielle du HCSF.

Peut‑on dépasser 35 % ? La marge de flexibilité et à qui elle profite

Les banques disposent d’une marge de flexibilité allant jusqu’à 20 % de leur production trimestrielle de nouveaux crédits. Depuis la décision du 29 juin 2023, au moins 70 % de cette marge doit aller aux achats de résidence principale et, à l’intérieur de ce quota, au moins 30 % aux primo‑accédants ; les 30 % restants de la flexibilité sont « libres » (soit 6 % de la production totale). Ces pourcentages et leur ventilation sont rappelés sur la page HCSF et détaillés par la décision D‑HCSF‑2023‑2.

En pratique, la souplesse n’est pas toujours consommée en totalité : l’ACPR observe qu’au T4 2023, environ 15 % des prêts dépassaient les seuils, sous la limite de 20 %. Cela figure dans sa note « Le financement de l’habitat en 2023 ». Voir l’analyse de l’ACPR.

Quelle durée maximale et dans quels cas aller jusqu’à 27 ans ?

La règle générale est 25 ans. Elle peut atteindre 27 ans si un différé d’amortissement (jusqu’à 24 mois) est justifié par un décalage d’entrée en jouissance, par exemple en construction ou en VEFA, et dans certains cas de travaux représentant au moins 10 % du coût total de l’opération. Ces précisions sont données dans la FAQ du HCSF et rappelées sur Service‑public.fr.

Comment estimer votre capacité d’emprunt pas à pas

  1. Listez vos revenus nets avant impôt réguliers du foyer (salaires, pensions, revenus fonciers retenus avec décote quand la banque l’applique). 2) Recensez vos crédits en cours (conso, auto, étudiant…) : leurs mensualités s’additionnent au numérateur. 3) Calculez la mensualité maximale : 35 % × revenus mensuels nets − mensualités de crédits en cours. 4) Intégrez l’assurance emprunteur obligatoire à la mensualité cible. La définition des postes pris en compte est donnée par la FAQ du HCSF.

Exemple : avec 4 000 € nets/mois pour le foyer et 200 € de prêts en cours, la mensualité maximale « HCSF » est 0,35×4 000 – 200 = 1 200 €. Cette enveloppe doit inclure l’assurance emprunteur. La durée choisie (20, 25 ans, voire 27 ans avec différé éligible) conditionne le capital finançable.

À quoi penser côté budget d’achat

Le prix d’acquisition comprend le bien, les frais d’acquisition et, le cas échéant, les travaux. Pour anticiper l’enveloppe, pensez aux frais d’acquisition ; voir notre page qui détaille les frais de notaire et leurs composantes. Si vous débutez, parcourez aussi notre rubrique Immobilier pour cadrer projet, durée et apport : acheter sans se tromper.

Vérifier que votre dossier « passe » côté banque

  • Testez le 35 % avec assurance incluse et durée conforme (25 ans, ou 27 ans avec différé éligible). La règle et ses exceptions sont publiées par le HCSF : résumé officiel.
  • Si vous dépassez légèrement, sachez que la banque peut utiliser sa flexibilité (dans la limite de 20 % de sa production, prioritairement pour résidences principales et primo‑accédants), sans y être tenue. Les quotas sont détaillés par la décision du 29 juin 2023 et la FAQ.
  • Les données de surveillance montrent que la flexibilité n’est pas entièrement consommée par tous les établissements : au T4 2023, la part des prêts « au‑delà des seuils » s’établissait autour de 15 %, sous la limite de 20 % (source : ACPR).

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre taux d’effort et taux d’endettement ?

Le HCSF parle de taux d’effort : c’est le rapport entre vos charges annuelles de crédit (capital, intérêts et assurance obligatoire) et vos revenus nets avant impôt. Dans le langage courant, on dit souvent « taux d’endettement », mais la règle s’applique au taux d’effort tel que défini par le HCSF. La définition opérationnelle est détaillée dans la FAQ officielle du HCSF.

L’assurance emprunteur compte‑t‑elle dans les 35 % ?

Oui, lorsqu’elle est exigée pour obtenir le prêt ou pour l’obtenir aux conditions proposées. Le HCSF indique que les charges annuelles d’emprunt incluent capital, intérêts et coûts d’assurance obligatoires entrant dans le TAEG. Cette précision figure dans la FAQ officielle du HCSF.

Peut‑on dépasser 35 % si l’on a beaucoup d’épargne ?

Un dépassement est possible uniquement au sein de la marge de flexibilité accordée aux banques : jusqu’à 20 % de leur production trimestrielle peut déroger aux 35 % et/ou à la durée maximale, sous conditions d’allocation (priorité aux résidences principales et aux primo‑accédants). Ce n’est pas un droit opposable à la banque.

La durée maximale est‑elle toujours 25 ans ?

Oui, hors cas de différé lié à un décalage d’entrée en jouissance. Un différé jusqu’à 24 mois est toléré (par exemple construction ou VEFA), ce qui porte la durée totale à 27 ans tout en restant conforme. Au‑delà, le prêt est « non conforme » et ne peut passer qu’en flexibilité si la banque le décide.

Comment les banques utilisent‑elles la flexibilité en pratique ?

Selon l’ACPR, la part des prêts dépassant les seuils HCSF était d’environ 15 % au T4 2023, sous la limite de 20 %. Autrement dit, toutes n’emploient pas intégralement la souplesse permise. La répartition prioritaire vise les résidences principales et, au sein de celles‑ci, la primo‑accession.