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Vos plus-values crypto en France expliquées simplement

Vous avez vendu ou dépensé des cryptoactifs et vous vous demandez quel impôt payer en France. Voici les règles utiles, le taux en 2026 et les formulaires à remplir, avec des exemples concrets.

Par Camille Leroux · · 4 min de lecture

Bureau avec ordinateur, pièces Bitcoin et Ethereum, maquette de bâtiment public drapeau français

Quand on passe du trading à la conversion en euros ou qu’on paie un bien avec ses cryptos, la question de l’impôt arrive vite. Le régime français distingue les particuliers qui gèrent leur patrimoine privé et les activités assimilées à une activité professionnelle. Vous trouverez ci‑dessous les événements réellement taxés, le taux en vigueur en 2026, la méthode de calcul de la plus‑value et les démarches pour déclarer correctement vos opérations, sans jargon inutile.

Quelles opérations déclenchent l’impôt en France ?

Pour un particulier, l’impôt vise les « cessions à titre onéreux » d’actifs numériques : vente contre une monnaie ayant cours légal (euros), paiement d’un bien ou d’un service, ou échange avec soulte. Les échanges sans soulte entre cryptoactifs bénéficient d’un sursis d’imposition et ne sont pas taxés au moment de l’échange. Ces règles découlent de l’article 150 VH bis et de sa doctrine, exposés dans la base BOFiP (BOI‑RPPM‑PVBMC‑30‑10).

Quel taux s’applique en 2026 et quelles options ?

Par défaut, vos plus‑values nettes d’actifs numériques (hors activité professionnelle) sont imposées à 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total. L’administration précise aussi le cas des activités professionnelles relevant des BIC et la distinction avec les particuliers (impots.gouv.fr : cessions d’actifs numériques).

Vous pouvez opter, de façon expresse et globale pour l’année, pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu (option à formuler dans votre déclaration). Cette option peut être pertinente si votre tranche marginale est faible, mais elle s’applique à l’ensemble des gains concernés de l’année, comme le rappelle la doctrine BOFiP citée plus haut.

Bon à savoir : en dessous d’un montant annuel de cessions de 305 € (somme des prix de vente, et non des gains), vous êtes exonéré d’impôt au titre de ces cessions. Ce seuil figure dans la doctrine précitée de la DGFIP (BOFiP, même référence).

Comment calcule‑t‑on la plus‑value crypto ?

Le calcul ne se fait pas opération par opération au prix d’achat unitaire, mais selon la méthode dite « portefeuille global ». La plus ou moins‑value brute d’une cession est égale à : prix de cession moins (prix total d’acquisition du portefeuille × prix de cession / valeur globale du portefeuille au moment de la cession). Cette méthode est décrite par l’administration sur sa page « Cessions mobilières » et dans la documentation fiscale mentionnée plus haut (impots.gouv.fr : les cessions mobilières).

Exemple simplifié : vous avez investi 2 000 € au total. Au moment où vous vendez pour 1 000 € de crypto, la valeur globale de votre portefeuille est de 5 000 €. La fraction de capital initial rachetée est 2 000 € × (1 000 €/5 000 €) = 400 €. La plus‑value brute de la cession est donc 1 000 € − 400 € = 600 €.

Quelles déclarations et quels formulaires remplir ?

  • Déclaration annuelle des gains/pertes : vous renseignez vos opérations sur l’annexe n° 2086, jointe à votre déclaration en ligne. Le formulaire et sa notice sont disponibles sur le site de la DGFIP (formulaire n° 2086).
  • Comptes ouverts à l’étranger : si vous avez ouvert, détenu, utilisé ou clos un compte d’actifs numériques auprès d’un prestataire établi hors de France, vous devez le déclarer via le 3916‑bis, y compris si vous n’avez fait aucune transaction pendant l’année. La version 2026 du formulaire précise le périmètre et les rubriques à compléter (formulaire n° 3916‑3916 bis).
  • Échanges sans soulte : ils ne déclenchent pas l’impôt et n’ont pas à être portés sur l’annexe 2086 pour l’année en cours, comme l’indique la doctrine de l’administration (référence BOFiP citée plus haut).

Particulier ou professionnel : où passe la frontière ?

Depuis 2023, la DGFIP distingue le régime des particuliers (gestion du patrimoine privé) et les situations assimilées à une activité commerciale. Les cas fréquents, sophistiqués, utilisant des moyens de trading « professionnels », peuvent relever des BIC, selon l’administration. Avant d’arbitrer, mesurez l’impact sur vos obligations comptables et sociales.

Vérifier et corriger : seuil, pertes et pièces à garder

  • Seuil de 305 € : sous ce seuil de cessions annuelles, l’exonération s’applique, mais conservez la trace des montants et, si demandé, justifiez‑les (seuil précisé dans la doctrine BOFiP citée).
  • Moins‑values : pour les particuliers au régime de l’article 150 VH bis, les pertes ne s’imputent que sur des gains de même nature de la même année ; elles ne sont ni reportables, ni imputables sur d’autres catégories de gains, rappelle l’administration.
  • Justificatifs : exports d’historique des plateformes, relevés de portefeuille, captures d’écran de cours au moment des cessions, calculs détaillés selon la méthode « portefeuille global ». Ces pièces ne sont pas à envoyer d’office mais à conserver en cas de demande.

Pour poser les bases avant d’investir ou diversifier, parcourez notre dossier sur les cryptoactifs : vous y trouverez des rappels sur la volatilité, les frais et la sécurité des plateformes. Nous y revenons notamment sur l’importance de la gestion du risque et de la fiscalité dans la performance nette de l’épargnant : cryptoactifs et nouveaux actifs.

Questions fréquentes

Un échange crypto‑vers‑crypto est‑il imposable ?

Un échange sans soulte (sans ajout ni retrait d’argent) entre deux actifs numériques n’est pas imposable immédiatement : il bénéficie d’un sursis d’imposition. En revanche, un échange avec soulte, une vente contre euros ou un paiement d’un bien ou d’un service déclenchent l’imposition. Nous détaillons ces cas dans la section « Quelles opérations déclenchent l’impôt ? ».

Quel est le taux d’imposition des plus‑values en 2026 ?

Pour un particulier qui gère son patrimoine privé, la plus‑value nette est soumise par défaut à 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total. Une option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu existe, sous conditions et sur l’ensemble des gains concernés de l’année.

Dois‑je déclarer un compte ouvert sur une plateforme étrangère même sans opération ?

Oui. Les résidents fiscaux français doivent déclarer, chaque année, les comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger via le formulaire 3916‑bis annexé à la déclaration de revenus. Les wallets auto‑hébergés ne sont pas visés par cette obligation.

Puis‑je compenser mes pertes de crypto avec mes gains des années suivantes ?

Non. Les moins‑values sur actifs numériques ne s’imputent que sur des plus‑values de même nature de la même année. Elles ne sont pas reportables sur les années suivantes et ne s’imputent pas sur d’autres catégories de gains.

Je trade souvent : suis‑je imposé comme un pro ?

Si vos opérations relèvent d’une activité commerciale (fréquentes, sophistiquées, avec des moyens assimilables à ceux de traders), l’administration peut vous imposer au régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Sinon, vous relevez du régime des particuliers détaillé ici.